[personal profile] tyresias
Si je regarde ma génération  [la deuxième génération de transsexuelles au Québec], ben, la plupart de mes amies de ma génération, sont toutes décédées. Alors, elles sont toutes à peu près mortes du sida, ou se sont fait tuer, ou se sont suicidées. Alors, de ma génération à moi, plus ça là, c'est vraiment, on n'est plus beaucoup. Sur, ché pas là, un nombre comme ça, fictif, mettons on était vingt, ben aujourd'hui, on est rendus cinq. C'est aussi grave que ça.
my translation:
If I look at my generation [2nd generation of transsexuel woman in Québec], well, most of my friends from my generation, they're all deceased. So, they just about all died because of aids, or they were killed, or they committed suicide. So, of my generation, and that there, it's really, there's not many of us left. Out of, dunno now, a number like that, fictious, let's said we were 20, well today, we're only 5. It was that grave.

Un soir, en regardant la télévision, il y avait quelque chose qui disait comme "Ah! Coccinelle à la télé!" Dans les années, c'était au début des années, je crois que c'était 60... Moi, je fais: "Ah! Un homme qui se transforme en femme! C'est ça! C'est ça que j'ai, la maladie!" Puis après ça: "C'est ça, la maladie!"
Puis là, ils parlaient d'un soldat qui est devenu une femme, puis là, ça a tout déclenché dans ma tête, que j'étais pas la seule au monde...

My translation:
One night, while watching television, there was something that said something like "Ah Coccinelle on TV!" In those years, it was at the beginning of, I think the 60s... I went "Ah! A man who transformed into a woman! That's it! That's what I have, a disease!" And after that "That's it, a disease!"
And then they spoke of a soldier that became a woman, and there, it was a chain reaction in my head, I wasn't the only one in this world...

Dans le livre Behold, I am a woman, Diana, la première transsexuelle canadienne, parle de la possibilité d'avoir accès à une opération de castration à New York et raconte qu'une transsexuelle canadienne-française qui s'appelait Bambi connaissait le nom et les coordonnées d'un médecin qui effectuait cette opération.
My translation:
In the book Behold, I am a woman, Diana, the first Canadian transsexual woman, spoke of the possibility to access a castration surgery in New York and explained that a French-Canadian transsexual woman named Bambi knew the name and coordinates of a doctor that did the surgery.

Parce que je fuguais déjà de la maison, évidemment, c'est sûr... Je commençais mon traitement hormonal, j'avais 14 ans, 13 ans et demi, 14 ans, fin de mes 13 ans, 14 ans... Évidemment, à 14 ans, je recevais des piqûres, pour avoir mes piqûres d'hormones, j'allais dans un club... dans les toilettes dans le club.
Comment j'ai fait? Ben, j'avais une copine qui travaillait, j'étais coiffeuse quand j'avais 17 ans, je suis devenue coiffeuse et je travaillais et une de mes clientes était pharmacienne. Et moi, je lui ai dit que je voulais avoir des estinyls. Et elle me les a donnés. [Comment tu savais le nom?] Parce que nous autres, on savait que c'est ça que ça prenait... Je suis une des premières à avoir réussi.
My translation:
Because I was already fleeing from home, obviously, for sure... I began my hormone therapy, I was 14, 13 and a half, 14, end of my 13, 14... Obviously, at 14, I was receiving injections, to have injections, I went to a club, in the toilettes of the club.
How did I do it? Well, I had a friend who worked, I was a hairstylist when I was 17, I became a hairstylist and I worked and one of my customers was a pharmacist. And me, I told her that I wanted estinyls. And she gave them to me. [How did you know the name?] Because us, we knew that that's what it took... I was one of the first to succeed.

Il y avait un marché noir d'hormones là, incroyable. Ben, c'est que tout le monde allait voir le médecin, se faisait prescrire des hormones, puis, elles les vendaient quatre fois de plus à une autre qui voulait commencer. Il y avait un marché noir d'hormones épouvantable.
C'est elle [une amie transsexuelle] qui fournissait les hormones. Parce qu'on les achetait sur le marché noir pendant les trois, quatre premiers mois. Puis après, on pouvait voir un médecin, qui nous prescrivait parce qu'on en prenait.
My translation:
There was a black market for hormones there, incredible. Well, it's that everyone who saw a doctor, who got prescriptions for their hormones, well, they would sell them for 4 times more to those who wanted to begin. There was a terrible black market for hormones. It was a her [a transsexual woman friend] that provided hormones. Because we would buy them on the black market for the first three, four months. Than we could go see a doctor, who would prescribe them because we were already taking them.

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tyresias

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